''Marathon'', le mot est si magique qu'il encombre bon nombre
d'esprits. Qui n'a pas voulu un jour si essayer et entrer dans la
légende, ce dire ''je l'ai fait''. L'épreuve
reine de la course à pied sur route est l'attrait de bien
des défis sous l'emprise de toutes les
allégeances dues à son rang de fils de l'Olympe.
Un marathon avant tout se respecte en digne héritier
mythique de cette légende. Une odyssée
pédestre qui retrace sans cesse cette distance
séparant Marathon à Athènes (bataille
de Marathon). Aujourd'hui n'en déplaise aux idées
reçues empreintes de scepticisme, l'évolution du
marathon n'est pas aussi spartiate que l'on aurait voulu le faire
croire. Courir 42 kilomètres et 195 mètres pour
satisfaire la perfide Albion (Angleterre) est la mesure qui
étalonne l'effort requit que chaque marathonien se doit
d'appréhender. Louis Spiridon en 2h 58'50'' fut le premier
à maitriser la distance au cours de jeux olympiques
réinventés à Athènes en
1896.
Il faudra attendre la fin des années 70
avec le phénomène des courses sur route pour voir
se développer le marathon. Riche de sa
notoriété, l'emprise du marathon sur le mouvement
pédestre ne s'est pas fait attendre en couvrant toute la
planète. Une spirale qui a jalonné et enrichi un
calendrier mondial de noms prestigieux : New York, Londres, Berlin,
Rotterdam, Fukuoka….En France ce fut plus
compliqué ; les antagonismes en tous genres, les conflits
techno-structurel à répétition ont eu
pour conséquences entre autre de retarder son
émergence (à un niveau tout au moins
égal à ses confrères internationaux).
Le pari de Paris fut long à ce dessiné
Et patatras, au moment ou tout semblait aller pour
le mieux, une désaffection s'est fait jour sur les longues
distances touchant de plein fouet le marathon. Le début des
années 2000 verra un net recul du nombre de marathons et une
forte chute de participation. Plus qu'un problème
organisationnel c'est une relève entre
génération mal assurée ou mal
assumée qui a entrainé ce dysfonctionnement de
cycle. Ces dernières années verront enfin
l'hémorragie stoppée et permettre ainsi au
marathon de repartir de plus belle en s'installant même dans
l'opulence. A ce rythme effréné, demain chaque
région de France aura son grand marathon. Cette situation
expansionniste n'est pas un fait du hasard. Si partenariat il y a,
c'est la volonté des politiques au travers de leurs
collectivités locales qui ont boosté cette
discipline bien rodée au sport de masse et populaire. Les
derniers exemples en dates sont flagrants : Marathon du Grand Toulouse,
Nice-Cannes, futur Marathon de Marseille…
Pour autant, il ne faut pas croire que la partie
est gagnée et de ce lancer à tous vents dans
d'hypothétiques surenchères. Le tissu
étriqué d'une population marathonienne
inconstante pourra t'il supporter un trop grand nombre de marathons ?
Le business & business avec son envolée des tarifs
d'inscriptions pourrait à terme tarir le flot à
sa source. |